Rapport de lfr’ASN sur la radioactivité au Fort de Vaujours

asn

Qu’a-t-il été mesuré sur les points singuliers du site ?

Pourquoi l’ASN a-t-elle diligenté des mesures le 25 février dernier sur le fort de Vaujours, et qu’a-t-il été mesuré précisément ?

Trois points singuliers, identifiés par Placoplatre dans le dossier de rachat du site et relevés par un membre associatif en 2011, ont fait l’objet d’une très forte médiatisation en début d’année. Il a été affirmé que ces points étaient des sources radioactives dangereuses pour la santé des riverains et des travailleurs du site. L’objectif des mesures diligentées par l’ASN était ainsi d’apporter une réponse à cette question médiatique.

Les rapports des mesures sont disponibles sur les sites de l’ASN et de l’IRSN.

Points-singuliers-Fort-de-Vaujours


Casemate TC1 avec les points singuliers

Pour cela, qu’ont fait les experts ? Si le sujet est un peu technique, il n’est pas si difficile à comprendre. Lorsqu’une source de rayonnement est à l’extérieur d’un organisme humain (sur un mur par exemple), il faut mesurer le risque « d’exposition externe ». C’est-à-dire le rayonnement reçu par l’organisme de l’individu lorsque celui-ci est à proximité de la source.

Les experts ont donc mesuré le risque pour la santé d’un individu situé à 50 centimètres des points singuliers. La conclusion est qu’il n’y a pas de risque d’exposition externe pour un individu qui se tiendrait à proximité de ces points.

C’est tout ?

Non car les experts ont aussi cherché les rayonnements dits « bêta ». Les mesures de rayonnement bêta sont généralement utilisées pour rechercher la présence, en faible quantité, d’un radioélément émetteur de rayonnements bêta déposée sur une surface. C’est-à-dire que ces mesures sont généralement utilisées pour identifier des sources, et les localiser. Les appareils ont donc cherché si les points étaient des sources.

Deux appareils de type RADEX, manipulé dans des conditions non-normales d’utilisation, et MCB2 ont révélé la présence d’une radioactivité ajoutée à la radioactivité naturelle locale sur deux points :

  •  Au point CEA1, le niveau de rayonnement mesuré était d’environ dix à vingt fois supérieur au « bruit de fond» naturel,
  •  Sur un point hors protocole (situé à environ 20 cm sous le point PC4) le niveau de rayonnement mesuré était d’environ deux fois le « bruit de fond» naturel.
  •  Un fragment à faible activité radiologique a également été détecté lors de ces mesures. Des écarts ont été constatés entre les résultats de l’IRSN et ceux de l’ACRO. L’activité radiologique la plus importante, relevée par l’ACRO, sur le fragment de 0,09 grammes, est de 1635 Becquerels. Cela correspond, d’après les repères radiologiques de l’ANDRA, à une activité équivalente à celle d’environ 10 kilogrammes de pommes de terres, de 6kg d’artichaut, ou de 2kg de briques. L’IRSN donne pour ce fragment une activité de 800 Becquerels.

 

schema_radioactivite_naturelle_2

Ces points feront l’objet d’un protocole de démolitionet de traitement spécifique,  tout comme les éventuels autres points ponctuels de pollution résiduelle qui pourraient être détectés lors du projet.

En conclusion, les mesures ont montré une pollution résiduelle en deux points isolés et identifiés, et sur un fragment. Il reste donc sur le site des points isolés de pollution à traiter dans le respect de la santé et de l’environnement.

Qu’en penser ?

Ces enseignements ne sont pas pour autant à négliger.
C’est pourquoi Placoplatre travaille à mettre en œuvre les mesures de précautions pour la santé, la sécurité des travailleurs, et pour l’environnement.